C. Le nouvel empire.

 

Ce n'est qu'après la réunification du royaume que l'art peut à nouveau reprendre ses marques, en revenant, comme au début du moyen empire aux formes simples et aux conventions antiques. Sur le plan architectural , grâce aux nombreux succès militaires qui caractérisèrent le début du nouvel empire, de nombreuses constructions purent être réalisées telles que le domaine d'Amon à Karnak ainsi que nombre de temples funéraires sur la rive gauche de la capitale. Et les victoires se poursuivant, le temple de Karnak fut agrandit au cours des siècles pour remercier le dieu de ses faveurs jusqu'à faire de cet édifice le plus gigantesque sanctuaire qu'ait connu le monde antique, sa salle hyposthyle recouvrant à elle seule une surface de 5000m² pour une hauteur de 24 mètres . Parmi les autres prouesses architecturales accomplies au cours du nouvel empire sont à citer un grand nombre d'obélisques et de statues colossales édifiées tout au long de cette période.

Certains pharaons se caractérisèrent par leur volonté de marquer leur royaume de leur emprunte par l'accomplissement sous leur règne de prouesses architecturales, il s'agit surtout d'Akhénaton et de ses successeurs les Ramessides et plus particulièrement Ramsès II, mais aussi de la reine Hatshepsout. Ce désir de réalisations architecturales se traduira par des édifices tels que les temple d'Abou Simbel ainsi que par des nouvelles villes telles que Pi Ramsès , villes dont malheureusement, seuls peu de vestiges nous son parvenus.

Hatshepsout quand à elle se fit édifier un complexe funéraire à Deir el-Bahari , édifice monumental adossé à la falaise où des dizaines de portiques sont posés sur trois terrasses superposées.

Dans le domaine des arts graphiques, on a d'abord eu recours au principes directifs du passé, mais peu à peu, le style du nouvel empire s'est affirmé jusqu'à atteindre un degré de maîtrise tel que le nouvel empire peut définitivement être considéré comme l'âge d'or de ce mode de représentation. Nombreuses furent les nouveautés introduites telles que l'expression de l'instantané, le goût de la beauté, les fleurs, le luxe ou encore les fêtes, nouveautés révélatrice du faste hors du commun qui caractérisa cette période. Dans les tombeaux, on s'écarte à présent de la représentation des scènes de la vie quotidienne, les événements remarquables d'une vie sont désormais dépeints pour marquer à jamais. Pharaons, fonctionnaires et chefs militaires cherchant à souligner le caractère inhabituel de leur existence. Cette période est aussi marquée par une plus grande ouverture de l'Egytpe vis à vis de l'étranger, cela se ressent dans la multiplication de styles qui évoluent au rythme des influences étrangères.

Dans le domaine de la statuaire s'effectuent également de nombreuses innovations. Au niveau des accessoires sont introduits des emblèmes divins. Une nouveauté plus nette sera constituée par le fait de représenter le roi s'approchant de la divinité en rampant. On constate par ailleurs que c'est sous le règne d'Akhenaton que furent réellement "libérées" les audaces déjà en germe auparavant, comme le soucis de traduire les émotions et l'ambiance, la spontanéité et l'instantanéité des élans sentimentaux. En réalité, la statuaire du nouvel empire témoigne elle aussi grandement de l'histoire de celui ci. Conséquence de son hégémonie dans le Proche-Orient: les artistes de la cour thébaine développent un style aux lignes distinguées, mais souples et molles, parfois languide, tranchant en cela avec les dogmes traditionnels(ref visage d'Akhenaton).Par la suite, avec la XIXe dynastie et le retour des guerres victorieuses, le style statuaire retrouve quelque grandeur plus dépouillée



D. Le temps des dominations étrangères.



La fin du nouvel empire marque dans une certaine mesure celle de l'art égyptien, bien qu'on note par la suite une courte renaissance démontrant que le savoir faire n'est pas perdu. Mais les dominations étrangères par les lybiens puis les Ptolémées, l'absence de Pharaon enlèveront sa raison d'être à cet art qui appartient déjà au passé alors que les influences héllénistes croissantes symbolisent à présent l'avenir.

Ces deux scribes sont tout à fait caractéristiques de l'évolution de l'art égyptien. Elles sont séparées par environ 2000 ans. A gauche, un scribe de la 5e dynastie et à droite Nespakashouti, de la 26ème dynastie. Leur juxtaposition met en évidence l'assurance pleine de force de l'époque ancienne et, à la basse époque, le repli que toute la perfection dans le traitement velouté de la pierre, si apprécié à la basse époque, n'est pas parvenu à effacer.

 

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